Ils ne nous cachent rien sur la zone 51. Ils n’occultent aucune phase de l’Histoire. Ils n’ont jamais rien enseveli. C’est la terre, poubelle, qui a absorbé par technique de compostage les vaisseaux-mères d’Independence Day. On ne sait jamais battu plus d’un siècle. La civilisation n’existe que depuis un bref instant, depuis une stimulation nerveuse incontrôlée. Il n’existe aucune mémoire reptilienne. Ils ne nous ont jamais rien implanté. Tu ne te promènes pas avec ton corps. Rien n’a jamais été créé. Tout était déjà là. Les résultats du Lotto, les bourses qui fluctuent, les meurtres dans la rue, les arbres qui s’écroulent, les chansonnettes d’amour fébrile et Britney Spears. Les thèses conspirationnistes sont à rebours. Le temps n’a jamais été. Le futur est provisoirement en ébauche. Une belle échauffourée à voir dans quelques instants. Ca ne durera pas longtemps. Tu peux déjà anticiper. Les morts vivront quand effectivement nous serons tous morts. La réincarnation. Renaître dans une dimension plus dense, pire que celle-ci, avec des AK47 qui ne tirent plus de balles mais des ogives, où chaque foyer, hôpital, hôtel de ville, est bâti sur un dépôt de déchets, nucléaires, chimiques, où tu nais mutant. Personne ne le démérite. A multiplier les attaches, à mépriser le solitaire enchanté, à vouloir ressembler à l’homme contemporain parfait, tu ne pouvais pas pressentir les effets. Le néfaste. T’as travaillé de trop. La pillasse de documents sur ton bureau et les trois tasses de café noir pour te tenir éveillé, les dossiers cachés de ta version mutualisée de Windows, t’ont littéralement déconnecté du réel. Ils savaient que tu oublierais. D’ailleurs, te souviens-tu de notre destin, du destin de l’Un ?
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