Aliens, laissez-moi seul ou je vous fous dans le congel !

Je conserve dans mon frigo, dans un Tupperware, depuis bientôt deux ans, un corps d’alien et ça commence à puer grave, même à travers le couvercle hermétique, alors j’ai appelé la presse. Buzz sur les médias en ligne, gazettes en rupture de stock, et, pour quelques milliers de roupies, l’Académie russe des sciences m’a acheté le spécimen pour faire des tests et confirmer l’origine extraterrestre. Grâce à la thune, j’ai pu recommander des stères de bois. L’hiver est rude en Russie. Le gouvernement n’offre pas de primes pour les panneaux photovoltaïques ou les éoliennes. On se chauffe et on cuisine à l’ancienne. Des plats simples du petit déjeuner au dîner. Des moments de la journée qui régulent ces heures froides d’hiver à attendre dans le noir le retour du soleil. C’est assez flippant quand t’es seul, sans famille, confiné dans une casemate avec un alien surgelé. Ca a accentué ma paranoïa, je ne dormais plus. La bête pouvait se réveiller à tout moment. Qui me dit que son organisme était vraiment mort ? J’ai choppé ma vieille édition du Docteur Maboul pour l’ausculter mais je n’ai pas trouvé le cœur, ni entendu de pouls. Tenter l’autopsie aurait été du suicide. Je n’étais pas en milieu stérile. Il y a plus de bactéries chez moi que sur la bite de Poutine. J’aurais été le propagateur d’une maladie incurable. J’aurais été la source du mal. Le foyer de la fin du monde. Donc je l’ai vendu et me suis déresponsabilisé de l’affaire en signant une dizaine de documents en deux exemplaires. Tu m’imagines, moi, être le foireux, le dindon de la farce humaine, le loup solitaire dans les steppes à refourguer au monde entier un virus indomptable ? Pour ça, je préférerais encore être le premier zombie, le chef d’une meute de punks ou le big boss de l’OMS. Je veux qu’on me laisse seul et que ces putains d’aliens arrêtent de se crasher près de chez moi ! Ils font fuir le gibier !

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